Interview : Avec Florent Derenne de Viniscope.

 

Depuis 1 an et demi et fort d'une vingtaine d'années d'expérience dans le domaine du vin, Florent Derenne, fondateur de Viniscope, parcourt la région Nantaise à la recherche des crus locaux pour les promouvoir. C'est en véritable passionné, exigeant sur la qualité et l'éthique, que Florent a adhéré à la monnaie locale. Il répond à nos questions .

Bonjour Florent et merci d'avoir accepté cette entrevue. Pouvez vous présenter votre activité ?
Cela fait 1 an et demi que je gère Viniscope, mon activité comporte deux facettes. Dans un premier temps, en tant que découvreur de vin, ma démarche consiste à parcourir les domaines viticoles de la région, en privilégiant les activités bio et peu connues. Cela me permet de travailler avec des professionnels passionnés qui placent l'éthique éco-responsable au cœur de leur métier.

Ensuite, je me fais caviste itinérant, c'est à dire le relais de ces producteurs auprès des consommateurs. Il s'agit de présenter aux particuliers les vins que je repère, les domaines et les vignerons rencontrés, la plupart du temps à domicile. C'est un moment d'échange et de dégustation où les gens peuvent poser des questions, en apprendre davantage sur ce qui se fait en vins locaux et se les procurer.

Vous travaillez donc essentiellement avec des récoltants (1) ?
Oui. Par ailleurs j'essaie de privilégier les producteurs qui appartiennent à un circuit particulier de cavistes ayant fait le choix de ne pas entrer dans des grands réseaux de distribution. Les cavistes de la région à partager ce mode de pensée sont d'ailleurs de plus en plus nombreux.

Peut-on vous considérer comme un oenologue ?
Je ne suis pas œnologue, car c'est une discipline dont la maîtrise est sanctionnée par un diplôme que je n'ai pas, même si j'ai beaucoup appris au contact de quelques œnologues confirmés, notamment dans les techniques de dégustation. Mes compétences reposent sur une vingtaine d'années d'expérience et la passion, dans une démarche professionnelle mais également personnelle.

On constate qu'il est de plus en difficile pour les producteurs locaux de s'en sortir face à la concurrence des grands groupes ?
Bon nombre de cavistes sont séduits par la perspective d'un renflouement rapide de leur trésorerie que leur donne un partenariat avec les supermarchés, sauf que la marge est bien souvent très faible. A cause des difficultés financières, ils sont obligés d'accepter un partage des bénéfices totalement inique, le couteau sous la gorge. Je ne les blâme pas, eu égard à leur situation financière, mais je veux être une alternative à cela et valoriser le travail des indépendants.

Comment en êtes vous arrivé à adhérer au Retz'L ?
J'ai toujours adhéré à la philosophie des circuits courts et la promotion des productions locales. La monnaie complémentaire représente bien cela à mon sens. Mon adhésion était en fait une évidence du fait de ce qu'elle encourage : les réseaux de proximité, l'éthique et la qualité des produits. Le fait que je sois à l'Ouvre-Boite 44
a aussi beaucoup joué puisque c'est là j'ai assisté à une conférence sur le Retz'L. Par ailleurs, j'étais déjà adhérent à SoNantes, mais je souhaitais recentrer mon activité dans le Pays de Retz.

Comment envisagez vous votre implication au sein du réseau à l'avenir ?
Mon adhésion est principalement éthique et j'essaye d'explorer de nouvelles voies pour des partenariats entre professionnels du circuit caviste afin d'y introduire la monnaie. Elle est utile aux échanges et facile à utiliser. C'est également un bon vecteur de communication pour interpeller les gens sur les questions de production locale.

Comment le Retz'L doit-il évoluer selon vous ?
Il faut se concentrer sur les garants de sa dynamique : les professionnels. Travailler à encourager les échanges en Retz'L entre eux est à mon sens l'axe à explorer si l'on veut améliorer sa portée.

Merci à vous Florent !

Pour prendre contact, vous pouvez consulter la fiche de Viniscope directement sur notre site.

(1) – Récoltant : Mention que l'on peut retrouver sur certaines bouteilles. Elle indique que le producteur a réalisé lui-même toute la chaîne de fabrication, de la récolte des vignes à la mise en bouteille. C'est souvent un gage de qualité.

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